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Sorties CLAPAS tout public 2019

Visite de la carrière Dodet à Thueyts (juin 2018)

L’association Clapas a eu la chance durant l’année de visiter
avec les enfants des classes primaires de Thueyts

l’exploitation de Pouzzolane en activité qui domine le village.
Au fil de l’évolution de l’exploitation,

l’histoire du volcan la Gravenne de Thueyts se précise.
Fort de son implication dans la société de géologie de l’Ardèche

une visite a été organisée pour les membres de cette dernière en juin 2018.

Cette visite a été effectuée l’après midi du samedi 17 juin 2018,
après l’assemblée générale extraordinaire  de la SGA à Jaujac le matin.

Avec Georges Naud, Maryse Aymes nous a présenté le site de l’entreprise Dodet.
Puis elle a évoqué les utilisations de la pouzzolane qui y est exploitée:
– en support de culture (en mélange avec du terreau) ou en paillage
(répandu en couche épaisse à la surface du sol)
– en matériau dans les drains, dans les filtres d’assainissement, dans les terrains de sports
– en matériau d’isolation phonique et thermique
– sur la route pour le déneigement
– en filtre pour les industries agro-alimentaires
– dans le ciment romain…

Elle a signalé que cette carrière avait évolué depuis sa visite précédente avec des scolaires.
Les coupes observées changent au fur et à mesure que les terrains disparaissent avec l’exploitation.

A l’entrée est de la carrière, le contact des produits volcaniques sur le granite
est marqué par des dépôts finement lités de projections correspondant
à des explosions phréato-magmatiques.
Le volcan a donc commencé par une phase explosive.

La suite de l’activité est de type strombolien car les principaux niveaux exploités
sont contitués par de la pouzzolane ,
c’est à dire des scories volcaniques : des projections de cendres et petites bombes volcaniques.
Ces dernières peuvent être  soudées à chaud ou non.
L’exploitation des scories soudées nécessite plus de travail pour l’exploitant.
Certaines bombes ont un noyau de granite arraché aux parois de la cheminée
volcanique et projeté à l’état solide au milieu d’un paquet  de lave.
Ici, beaucoup de bombes ont un aspect de projection cordiforme qui se replie au contact du sol
ou durant leur trajet en l’air. On parle alors de bombe en ruban.
Mais il peut aussi y avoir d’autres aspects (croute de pain… )

Les niveaux sont en général de teinte rouge, signalant une oxydation de type oxyde ferrique Fe3+.
Certains blocs sont vacuolaires, presque comme des pierres ponces.

Toutefois, certains niveaux sont bien plus sombres avec des reflets bleutés en surface,
couleur sombre  vraisemblablement liée à un  niveau d’oxydation moindre avec du fer ferreux Fe2+,
et évoquant ceux présents dans des coulées basaltiques récentes.

Pour l’interprètation de ces variations de couleurs/oxydation,
Baudry&Camus « les projections volaniques… » rapport BRGM 1970
opposent faciès coeur de cône rouge et base de cône noire.
Les scories sont d’autant plus rouges qu’elles sont proches du point d’émission.

Les minéraux à l’origine des reflets bleux sont mal connus.
L’hématite avec son fer et la cuprite avec son cuivre  ont été évoqués.
Les bombes des pouzzolanes  peuvent outre le granite, entourer des « nodules de péridotites »
constitués en particulier d’olivine, qui ont été arrachés plus profondément
lors de la remontée du magma entre 80 et 30  km de profondeur, dans le manteau supérieur…
(voir ce lien  vers la page  « péridotites de Burzet » de P.Thomas )

D’autres niveaux affleurent dans cette carrière et sont exploités.
En particulier, le soubassement granitique du volcan est exploité
par broyage/tamisage pour faire des sables.

Quelques points de basaltes, ont été observés,
mais il est difficile de se faire une idée complète de leur géométrie
du fait de l’exploitation qui ne les a pas laissés en continuité.
Un affleurement en particulier évoque une coulée sur le flanc de l’édifice volcanique,
mais l’hypothèse de sills à l’intérieur des flancs du volcan n’est pas à exclure.
Un 2e affleurement pourrait correspondre à un sommet de neck.
Vers l’entrée de la carrière, de gigantesques primes de basaltes (taille métrique de la section)
évoquent plutôt le refroidissement dans un lac de lave, mais il n’a pas été possible
de voir leur localisation originelle. Il faudrait questionner l’exploitant.
Vraisemblablement ils ne viennent pas de la carrière, mais de la coulée prismée
qui porte le village de Thueyts et qui est située plus bas topographiquement.

L’extrémité de la carrière visitée surplombe au nord-ouest
la 2e carrière de pouzzolane de Thueyts, de l’exploitant Brun.
Elle est située dans des niveaux bien plus épais de pouzzolanes.
Le socle granitique n’y apparait même pas à priori.

Nous n’avons pas visité le coeur de l’édifice volcanique à l’origine de ces dépots,
la « gravenne de Thueyts ».
Mais il apparaît sur les photographies aériennes accessibles sur le géoportail.
Il est à l’origine de la grosse coulée basaltique qui forme le plateau du village de Thueyts
et qui est visible au niveau du « pont du diable ».

Ce volcan est donc passé par différentes phases:
– explosions phréatomagmatiques
– projections stromboliennes
– coulées

Des datations  par thermoluminescence ont donné un age  de 33 000 ans plus ou moins 8 000 ans.
Cette gravenne est classée parmi les « jeunes volcans d’Ardèche »

Le site du Géopark des monts d’Ardèche fournit plus d’information sur la « gravenne de Thueyts ». Voir :

http://www.geopark-monts-ardeche.fr/decouvrir-le-geopark/decouvrir-les-geosites-geopark/les-jeunes-volcans-d-ardeche-geopark/pont-du-diable-et-gravenne-de-thueyts-2344.html
(schéma géologique simplifié en particulier)

En complément de ce CR, pour prolonger la découverte de terrain de façon virtuelle,
en plus de l’image aérienne légendée ci-dessus,
j’ai comparé 2 méthodes de visualisation du relief sur des sites géographiques.

Le site de l’IGN https://remonterletemps.ign.fr/  permet de voir des images aériennes anciennes
et de produire des couples stéréoscopiques à partir des images qui se chevauchent.

Voici un recadrage centré sur la gravenne de Thueyts de 2 images de 1991 (pour oeil  gauche,
à gauche et oeil droit à droite) , à voir en vision parallèle ou avec des lunettes prismatiques .
Attention, la trajectoire de l’avion suivait un axe nord / sud et donc le couple stéréoscopique
le nord à gauche ce qui n’est pas conventionnel en géographie :

L’examen de ce couple montre qu’en 1991, ce volcan apparaissait déjà bien « carrié »
avec des cavités d’exploitation déjà bien marquées et déja plus profondes
dans la carrière Brun que dans la carrière Dodet,
ou néanmoins le granite apparait déjà dans le secteur est,
toute la couche de pouzzolane semblant avoir déjà été enlevée à cet endroit.
Le cratère n’apparait pas vraiment aussi  régulier et il est décalé au sud par rapport à la place
ou il est représenté sur les schémas géologiques des documents de E.T.Berger repris par le PNR.
La vision en relief montre que son rebord nord a déjà été tronqué par Dodet en 1991
et son caractère égueulé vers le sud ouest est manifeste avec une échancrure
allant jusqu’à la base de l’édifice.

Sur les images plus anciennes accessibles, on constate que l’exploitation des pouzzolanes
a débuté après 1956. En 1964, les 2 carrières sont déja bien ouvertes.

L’examen stéréoscopique montre que la « gravenne » a à l’origine,
une forme moins régulière que celle conique attendue d’un volcan.
Outre l’égueulement sud sud ouest, il apparaît un sillon est-ouest
qui a été le point d’attaque des 2 carrières.

Le logiciel « Google Earth » donne à partir d’images de satellites et des modèles numériques
de terrain enregistrés,
une autre vision modélisée 3D des sites.

Celle ci n’est bien perceptible par le spectateur que tant qu’un mouvement
apparent de changement de point de vue est assuré à l’écran.

Sur cette capture, la résolution est plus élevée que sur les images réduites de l’IGN ci-dessus
et la superposition d’informations géographiques (réseau routier en particulier)
permet une meilleure lecture,
mais la perception du relief donc la compréhension de la forme du volcan
est très loin de celle permise par la vision stéréoscopique.

Les outils accessibles actuellement sur le WEB sont complémentaires
et peuvent être très utiles pour la compréhension et la présentation au public
d’objets géologiques vastes.

LES OCRES DE CORNILLON (mars 2018)

L’association Clapas accueille souvent des classes du collège
de Bagnols-sur-Cèze à Cornillon à la limite du Gard et de L’Ardèche
sur la vallée de la Cèze. Aussi, Maryse Aymes, animatrice et géologue
à Clapas a co-animé avec André Rey de la société géologique
de l’Ardèche une sortie  sur les ocres de Cornilllon.
Les affleurements visités durant cette sortie permettent de mettre
en évidence  l’émersion de notre région à la fin du secondaire
ainsi que l’utilisation des ocres dans l’industrie.

Nous étions 15 pour cette sortie plusieurs fois reportée pour cause de mauvais temps,
mais qui s’est finalement déroulée sans grosses giboulées de mars et sous de belles éclaircies.
Elle était guidée par Maryse Aymes et André Rey.

Après un premier arrêt au pont Saint André au bord de la Cèze
pour observer les calcaires urgoniens et leurs rudistes,
ainsi que les galets transportés par la rivière,
nous nous déplaçons jusqu’au lieu-dit « les Idarocs ».
Ce 2e affleurement est situé dans le Turonien.
Il montre des alternances de sables et de calcaires gréseux.
Des rudistes du genre Sphaerulites sont visibles en surface de certains bancs.

Un banc est remarquable par l’abondance des moulages internes de tests allongés
de gastéropodes du groupe des nérinées qu’il renferme.

Les sections de coquilles sont orientées préférentiellement,
mais certaines sont néanmoins à 90° du sens principal.
Des plaques d’oxydes de fer remplissent des fissures verticales dans le banc.
Ces dépôts correspondent à des avancées et reculs marins régionaux au crétacé supérieur.

Après le pique-nique sur les gradins de la cène de l’ancien château du village,
3e arrêt et nous visitons 2 anciennes carrières d’ocres.
Ces sables jaunes et rouges appartiennent au turonien supérieur.

Un niveau de lignite apparaît bien au 1/3 inférieur de l’image.
Il est interrompu par un plan de faille à 45° qui nous a intrigué.
Un 2e niveau de lignite, plus mince est présent au-dessus.

Voici l’itinéraire suivi ce samedi 17 mars 2018 par la SGA, tel qu’enregistré par le GPS de P.Chevalier,
en affichage sur le géoportail. (fond géologique + trace en bleu)

Cette sortie reprend en grande partie des arrêts faits lors d’une sortie précédente,
datant du 10 novembre 2007.
Le compte rendu de celle-ci par Maryse Aymes est imprimé
dans le bulletin numéro 2 (2009) de la SGA.
Ce numéro est épuisé. Contactez-nous pour en avoir une copie.

Une formation-action Géoparc des Monts d’Ardèche:

Faire découvrir, partager, promouvoir le patrimoine géologique

Le rendre accessible à tous
Une passion commune entre l’association Clapas et le CPIE du Velay

Suite à un appel à projet du Géoparc des Monts d’Ardeche dans
le cadre de son volet médiation, Maryse Aymes (pour Clapas roche nature et paysage)
et Jean-Noël Borget (pour le CPIE du Velay) s’engagent dans ce projet pour co-construire
des outils pédagogiques avec leurs futurs utilisateurs en octobre 2017.

Une enquête préalable CPIE fait apparaître 32 participants potentiels.
De là se précise un groupe de travail d’une quinzaine de personnes qui a participé
à cinq après-midis de rencontre-formation-échange
et co-construction d’outils de nov 2017 à mars 2018.

Les prototypes des outils ont été présentés aux auditeurs Unesco lors de la ré-évaluation du Géoparc juillet 2018
à la maison de site du Gerbier

Les outils définitifs ont été édités en août 2018 :
la 1ère présentation publique a eu lieu le 3 avril 2019
ainsi qu’une remise des outils à l’ensemble des participants.

Au cours des échanges avec le groupe de travail les besoins de chacun
sont ressortis en matière de formation et d’outils ; il est décidé de réaliser 2 outils : 

  1 : Un outil sur le temps, exposition et frise « Changer d’ère » :
il s’agissait d’illustrer l’histoire géologique du Géoparc des Monts d’Ardèche
avec des exemples locaux :
roches et paysages issus des géosites, de faire le lien entre l’histoire géologique de l’Ardèche
et l’histoire de la planète Terre.

Pour créer de belles reconstitutions paléogéographiques en lien avec la géologie du territoire,
il a été fait appel à un illustrateur spécialisé Pierrick Legobien.
Nous avons bénéficié des conseils de l’Université de Bourgogne en la personne d’Emmanuel Fara
qui étudie les empreintes de reptiles du géoparc.

Cette outil est en prêt gratuit auprès du géoparc des Monts d’Ardèche et consultable en ligne ici :

http://www.geopark-monts-ardeche.fr/education-et-geologie-geopark/outils-pedagogiques

– 2 : Un outil permettant de s’initier à la géologie à travers les matériaux utilisés dans le bâti : « le lithoscope ».
Il présente de façon simple les principales roches du géoparc, des clefs de détermination et encourage la découverte de quelques sites remarquables par leur architecture et le choix des matériaux :
un outil idéal pour les guides conférenciers, animateurs, structures d’accueil en tout genre et enseignants pour découvrir la géologie de leur secteur d’une manière innovante.

Cet outil est consultable ici :

http://www.geopark-monts-ardeche.fr/images/phocadownload/lithoscope%20_compressed.pdf

D’autres liens :

La frise (cliquez sur l’image)

L’expo 

http://www.geopark-monts-ardeche.fr/education-et-geologie-geopark/outils-pedagogiques.html »

Histoire géologique des monts d’Ardèche 

http://www.geopark-monts-ardeche.fr/decouvrir-le-geopark/presentation-du-geopark-geopark/histoire-geologique-des-monts-d-ardeche-geopark.html

 

 

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conférence

Ardèche Claire

Depuis plusieurs années, le Syndicat Mixte Ardèche Claire
(depuis janvier 2018 devenu Etablissement Public Territorial du Bassin Versant de l’Ardèche ),
coordonne et aide au financement d’interventions autour de projets pédagogiques sur l’eau et notamment sur le thème du risque inondation.


C’est dans ce cadre que les élèves de l’école de Berrias sont partis
à la découverte des cours d’eau qui jalonnent leur commune.


En remontant la principale rivière le Granzon, ils ont pu observé la faune :
ragondin, canard, passereaux, traces de castor,
la flore : aulne et peuplier, le patrimoine bâti : puits, gué, ponts. Ils se sont aussi aperçu
que le Granzon et ses affluents pouvaient être en crue
et que les anciens avaient construits des digues, des chemins pavés,
des ponts submersibles et des ouvertures
au bas des murs pour se protéger des celles-ci ou limiter les dégâts.


L’après-midi, après avoir eu une explication sur le phénomène des crues cévenoles,
les enfants ont réalisés une modélisation d’une rivière afin d’aborder
la notion de dynamique de la rivière :
Erosion, Transport et Sédimentation. Une prochaine sortie est prévue
pour aller observer la rivière Chassezac
et parler d’entretien de la rivière avec une technicienne sur un chantier en cours.

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sorties MARS