roches, nature et paysage

Nouveau

CLAPAS Sorties tout public 2022

Sortie avec la géologue de Clapas  Maryse Aymes

Dans le cadre de la résidence d’artistes « Flux » Pierce Warnecke et Clément Edouard

REGARDS CROISÉS SUR LE PAYSAGE GÉOLOGIE ET ART CONTEMPORAIN » 

Sortie organisée en lien avec le PNR en lien avec un projet d’éducation artistique et culturelle
de la Communauté de communes Montagne d’Ardèche. 
clementedouard.com/fr/projets/flux

La gravenne vue du Montasset

Dans le cadre des rendez-vous géologiques du géoparc des Monts d’Ardèche
ARPENTER LES ENVIRONNEMENTS DISPARUS 

Les environs de Sarasset

LES RENDEZ-VOUS  BIOTRESORS 

Sortie organisée en lien avec le PNR
Un programme d’animations dans le cadre des Espaces naturels sensibles et Natura 2000

Entre le col d’Auzon et la ferme d’Auriol le sommet gréseux de laTruche domine le sentier
ancolie

Une nouvelle carte géologique simplifiée du Parc des Monts d’Ardèche

N. Klee, chargé de mission tourisme et Géoparc, parc naturel régional des Monts d’Ardèche et Maryse Aymes

Dans le cadre des actions liées au label Géoparc mondial UNESCO, une nouvelle carte géologique simplifiée vient de voir le jour après deux ans de travail avec les scientifiques et les médiateurs spécialisés. Les médiateurs et enseignants qui travaillaient sur le territoire du Parc autour des sujets géologiques manquaient d’outils adaptés. Il n’existait que peu ou pas de documents synthétiques hormis les cartes géologiques au 1/50 000 ou celle de Valence au l/150 000. Les géosites, lieux phare de notre patrimoine géologique, n’y sont pas figurés. 

La carte géologique simplifiée du Parc vient pallier ce manque, elle aborde la complexité de la géologie de ce territoire d’une façon pédagogique, en présentant le territoire des Monts d’Ardèche et ses roches, à travers une histoire en 5 chapitres qui se veulent accessibles au plus grand nombre. Le recto est la carte géologique proprement dite (où certaines unités géologiques ont été regroupées) actualisée et corrigée selon les dernières connaissances. Le verso, c’est l’histoire géologique simplifiée qui vient traduire au public les données de la carte. 

Le Parc a été accompagné pour sa réalisation du bureau d’étude suisse « Relief » (Amandine Perret et Simon Martin) et de l’association Clapas Roche nature et paysage (Maryse Aymes); le tout a été encadré par le Comité scientifique du Géoparc mondial UNESCO. Remercions en  particulier Michel Beurrier pour sa large contribution pour les roches cristallines et Emmanuelle Defive pour les roches volcaniques de Haute Loire.

La carte géologique existe actuellement en version numérique accessible sur le site internet du parc  ainsi que sous la forme de bâches géantes en prêt gratuit pour les animations pédagogiques pour les scolaires ou lors d’événements. Une version plus petite en format panneaux viendra bientôt équiper plusieurs sites de découverte. Elle sera disponible en version papier au printemps 2022.

Vous pouvez la télécharger gratuitement sur le site web du Parc, rubrique Géoparc :
(Cliquez sur l’image pour accéder au site)

Médiations autour de la METEORITE DE JUVINAS par Maryse Aymes et Marie-Line Bardou

Ce qui est survenu à Juvinas en Ardèche le 15 juin 1821 est un évènement exceptionnel.
Un « aérolithe » percute la Terre près d’Antraigues en plein après-midi.
Cette chute est observée, un fragment de 91 kg est retrouvé et étudié,
et l’origine de cette météorite est maintenant connue.

Cette messagère du cosmos, après un voyage de 10 millions d’années à travers le système solaire nous renseigne sur la géologie de l’astéroïde Vesta, le deuxième astéroïde par la taille.
Les roches qui couvrent la surface de ce corps céleste ressemblent à celles
qui couvrent les planchers océaniques :
ce sont des roches basaltiques, roches volcaniques extrêmement répandues en Ardèche.
Depuis de nombreuses années l’étude de la constitution des météorites permet de  reconstituer la genèse du système solaire et l’évolution de ses corps planétaires.
La météorite de Juvinas, participe ainsi de la grande aventure scientifique de la planétologie.

Lorsqu’elle arrive à Juvinas, il n’y a que dix-huit ans que la communauté scientifique a admis la possibilité de l’arrivée sur terre de pierres extraterrestres. Hors des cercles scientifiques parisiens, seules quelques rares personnes connaissent ces phénomènes : pour la plupart des témoins en Ardèche en 1821, le phénomène est incompréhensible et terrifiant.

Cet évènement est longtemps resté méconnu du grand public. Pour le sortir de l’oubli et le médiatiser, deux associations de médiation scientifique, l’une en astronomie -Clair d’étoiles & Brin d’jardin-, l’autre en sciences de la vie et de la Terre -Clapas, Roches, Nature et paysages- ont réuni leurs efforts. Dès le début du travail, en 2004, les animatrices de ces associations, Marie-Line Bardou pour la première, Maryse Aymes pour la seconde, ont opté pour une approche historique, mêlant astronomie et géologie. Pédagogiquement, cette approche permet à un large public d’acquérir des connaissances au travers de l’histoire des sciences, mettant en évidence les tâtonnements, les hésitations, les aboutissements ainsi que les débats qui marquent le cheminement vers les connaissances actuelles.

Une publication de 2003, Les Météorites en France de A. Carion, J. Deville et P. Lebrun, hors série de Minéraux et fossiles arrive à la bibliothèque de la Société Géologique de l’Ardèche.
Il y est brièvement fait mention de la météorite de Juvinas : date de la chute, poids, nature géologique. Les associations Clapas, et Clair d’étoiles & Brin d’jardin débutent alors leur recherche d’archives sur cet événement, afin de mettre en place des actions de médiation autour de cette chute : il s’agit de présenter l’ensemble des témoignages de l’époque et l’interprétation de ces observations à la lueur des connaissances actuelles.

Retrouver les éléments constitutifs de l’histoire de l’événement et de son interprétation a relevé de l’enquête minutieuse, qui a permis de rassembler une intéressante documentation : comptes rendus  des témoins, des officiels et de la presse ainsi que les parutions dans des revues scientifiques. Construites autour de ces informations, des animations sur la météorite de Juvinas sont proposées au public : actions de médiations (café-sciences, conférences, articles, balades théâtralisées) auxquelles se rajoutent en 2021 -à l’occasion du bicentenaire de la chute- une exposition et son livret.

Progression de la médiation

CAFE-SCIENCES et BALADE

La fête de la science est le premier tremplin pour ces animations avec des cafés-sciences où quelques textes d’archives sont confrontés à des invités :

– en 2004, c’est à Aubenas, avec un astronome professionnel, Gilles Adam, du C.R.A.L. -Centre de Recherche Astrophysique de Lyon,

– puis en 2005 à Vallon-Pont-d’Arc, un café-sciences plus littéraire avec la rencontre avec un ethnologue, Bernard Salques, ainsi que Odette et André-Charles Gros, érudits ayant fait des recherches sur les savants Jules Ollier de Marichard et Jules de Malbosc (un des observateurs capable de comprendre le phénomène).

Lors de ces séances des élus de Juvinas furent invités et manifestèrent leur intérêt pour le sujet. Les journalistes présents, en retour, reprirent les articles de journaux de leurs propres archives.

Au vu de l’intérêt du public il est décidé d’organiser en 2008 une première animation pour les habitants de Juvinas le 15 juin, jour anniversaire de l’événement. Pour l’occasion c’est une balade théâtralisée à deux voix qui est réalisée sur le site de la chute, au hameau de Libonès. La balade comprend trois arrêts, avec lectures à haute voix de documents d’archives :
extraits de journaux de 1821, (de nature scientifique ou informative), comptes rendus officiels et échanges épistolaires. Sont ainsi présentées les perceptions de l’évènement et la description qu’en firent à l’époque le maire et le curé du village, l’astronome amateur Honoré Flaugergues (exerçant une charge de juge à Viviers, à 50 km de Juvinas) et l’homme de la situation, Jules de Malbosc, érudit local qui décrit et analyse la chute. 

À chaque station alternent les deux voix : celle de l’histoire des sciences (Maryse Aymes dans le rôle du maire, du préfet, du savant, du curé, etc) et celle de l’astronome contemporain (Marie-Line Bardou). Chacune des descriptions est mise en regard avec les connaissances de l’époque mais aussi avec les analyses de phénomènes actuellesidentiques. La balade s’achève en soulignant les connaissances qu’apporte aujourd’hui l’étude des météorites sur la formation du système solaire. Cette présentation théâtralisée interpelle et rend accessible l’approche scientifique à un large public. De 2008 à 2021, année du bicentenaire l’animation a été reproduite à six reprises, dont l’une spécifiquement réadaptée pour un public scolaire (classe unique d’enfants de 4 à 11 ans).

ASTRONOMADES et ARTICLES

Dès 2008, suite à ces animations la municipalité de Juvinas contacte le Muséum National d’Histoire Naturelle -qui possède un fragment de 36 kg de la météorite- dans l’espoir d’en obtenir un échantillon en dépôt permanent.

Depuis 2012, la Communauté de communes du Bassin d’Aubenas -dont fait partie Juvinas- organise chaque année, une manifestation de trois jours, basée sur l’événement en associant l’ensemble des communes de son territoire. Les « AstroNomades » se déroulent en juillet et proposent au grand public des ateliers, des conférences, des animations et une exposition.
La particularité de ces rencontres, outre la capacité de fédérer des acteurs de la vulgarisation autour de thématiques touchant à la planétologie, est d’inviter des chercheurs à partager leurs travaux en cours et leurs connaissances avec un large public. Brigitte Zanda du Muséum et Eric Lewin sont devenus les piliers de cette manifestation et y invitent d’autres chercheurs au fil de l’actualité. De plus ils animent régulièrement l’atelier de découverte de la mallette « Vigie ciel » sur la reconnaissance des météorites.
Pour la première édition des AstroNomades en 2012 le Muséum a présenté un énorme fragment de la météorite de Juvinas durant deux mois dans une vitrine blindée à l’Office de tourisme de Vals-les-Bains.

La même année, Brigitte Zanda sollicite les deux associations -Clair d’étoiles & Brin d’jardin et Clapas- pour rédiger les pages consacrées à la Météorite de Juvinas dans le Cahier spécial sur les météorites de la revue Le Règne Minéral : « Les Météorites, des météorites différenciées aux planètes ».
Cette action amena les autrices à écrire un article plus long
pour le Bulletin de la Société Géologique de l’Ardèche en 2016.

En 2015, le MNHN contractualise avec la Mairie de Juvinas le dépôt permanent de deux petits fragments de la météorite : l’un montre la croûte de fusion en surface, l’autre, tranché, permet de voir l’intérieur. 

ANIMATIONS et CONFERENCES

A partir de 2010 le Parc Naturel Régional des monts d’Ardèche devient partie prenante de la médiation autour de ce patrimoine historique que représente la chute d’une météorite sur son territoire. Clair d’étoiles & Brin d’jardin et Clapas proposent une animation innovante destinée au jeune public à la maison du Parc : « Cratère, vous avez dit cratères ! ». Elle se décline en deux versions : une plus géologique « de la Terre au ciel » incluant une visite du cratère du volcan de Jaujac, et une plus astronomique « du Ciel à la terre » abordant la chute de la météorite de Juvinas. Ces animations, régulièrement proposées aux classes et aux centres aérés, furent présentées à deux reprises au grand public à la maison du Parc, notamment à l’occasion du 10ème anniversaire du P.N.R. des Monts d’Ardèche en 2011, puis en 2015 lors d’une formation pour les enseignants, suivie d’une conférence.

Depuis la première en 2008, les conférences sur la météorite de Juvinas ont été nombreuses.
Elles se sont déroulées la plupart du temps à deux voix dans le cadre de différents évènements sur le département, par exemple :

– plusieurs soirées conférence-débat organisées par diverses associations patrimoniales locales 
– en complément de l’observation du ciel durant les Nuits des étoiles en 2012,
– puis pour les classes de 4ème à l’occasion de la Fête de la science 2015 au collège de Largentière.

Le public était au rendez-vous avec toujours un retour très positif. Le succès de ces conférences semble lié à l’alternance des textes d’archives et des connaissances actuelles, mais aussi à la large utilisation de l’histoire des sciences : les médiatrices présentent le vécu de la chute de la météorite par les habitants mais racontent aussi une histoire, celle de l’avancée des connaissances en astronomie et en géologie. Ces soirées se terminent par la présentation des sciences participatives que sont Vigie ciel ou Vigie terre.

Les conférences de ce type, qui font la part belle à la construction des savoirs, amène à impliquer le public, à le solliciter, le rendant partie prenante de la réflexion. Tout en le divertissant on suscite la curiosité, il s’interroge et remet en questions ses propres connaissances. 

Balade et conférence à 2 voix ont été construites comme outils pédagogiques qui vont au-delà de la simple transmission, à sens unique, d’une somme d’informations.

EXPOSITION et son LIVRET

En 2021, année du bicentenaire de la chute, la réalisation d’une exposition et de son livret a été confiée aux médiatrices de Clair d’étoiles & Brin d’jardin et Clapas. Il s’agissait de créer un outil attractif et de mémoire, où un public en autonomie trouve l’essentiel. Cependant, il permet aussi la médiation humaine. Si les images d’archives (textes, dessins, gravures) intéressent particulièrement le public, les visites guidées ont du succès car, bien entendu, tout n’a pas pu être dit dans l’exposition. Cette phrase de nos amis suisses reste d’actualité même à l’ère du virtuel : « Le médiateur reste le seul média en mesure, en direct, d’accorder son discours, ses choix pédagogiques aux intérêts variés qu’expriment son public du moment et de faire alors de chaque visite une nouvelle expérience de communication« . De plus, les visites guidées permettent également de valoriser des informations récentes. 

Au fil des années, l’intérêt du public et les avancées scientifiques incitent les médiatrices à poursuivre leurs recherches. En effet, non seulement des contributeurs leur font parvenir des documents d’archives découverts au fil de leur propre recherche, mais aussi, depuis près de 2 décennies, chaque année a apporté son lot de nouvelles données scientifiques. Par exemple les informations sur Vesta rapportées par la sonde spatiale Dawn en 2012, des textes d’archives inédits comme le système solaire vu par le géologue ardéchois Dalmas en 1852 ou l’extrait de la lettre adressée en août 1821 au ministre de l’intérieur de l’époque par l’astronome Jean-Baptiste Delambre,
secrétaire perpétuel de l’Académie des Sciences…

Cette année encore elles ont reçu plusieurs articles sur la polémique concernant la chute de La météorite rapprochée à « l’effondrement du Gerbier des Joncs »
qui aurait eu lieu le même jour !
D’autres extraits de journaux de 1821 et 1822 exposent les querelles entre les journalistes de l’époque qui n’ont rien à envier aux actuels réseaux dits « sociaux ». On peut en effet y lire les débats entre le journal conservateur L’Ecclésiastique et le progressiste Le Constitutionnel, sur les rapports du maire et du préfet, sur l’inculture scientifique de la population… Toutes ces informations nourrissent les échanges et diversifient les approches de cet évènement.
Elles permettent de mettre en relation amateurs d’astronomie et de géologie et passionnés d’archives ou de littérature, voire de simples curieux.

Enfin, ce travail de longue haleine de recherches, de mise en forme et d’animation pour sensibiliser le public et sortir cet événement de l’oubli, a suscité l’intérêt des scientifiques. Cette reconnaissance pose les bases vers de nouvelles collaborations entre médiatrices et scientifiques…

 

Maryse Aymes, géologue et médiatrice pour l’association Clapas, Roches Nature et Paysage, Bas village 07200 Fons 

Marie-Line Bardou, médiatrice astronomie pour l’association Clair d’étoiles & Brin d’jardin, 07110 Chassiers

Bibliographie : Martin S., Perret A., Régolin-Bissig G. et Kozlik L. (2010).- Élaboration et évaluation de produits géotouristiques, Téoros, vol. 29, pp. 55-66.

L’association « Clair d’étoiles & Brin d’jardin » anime depuis plus de 20 ans des séances d’astronomie en Ardèche auprès d’un vaste public. Depuis 1991 l’association « Clapas Roches, Nature et Paysages » vulgarise les sciences de la vie et de la terre auprès de tous les publics, à travers des conférences, des outils pédagogiques et des sorties sur le terrain.

Brigitte Zanda : Météoritologue, enseignante-chercheuse au Muséum National d’Histoire Naturelle à Paris, responsable des projets FRIPON et Vigie-Ciel.

Éric Lewin : Enseignant-chercheur en Sciences de la Terre et des Planètes à l’Université Grenoble Alpes, spécialiste de la mission Curiosity.

A voir sur Youtube, la conférence de Maryse Aymes sur la météorite :

LES RENDEZ-VOUS GEOLOGIQUES 2021 
du géoparc des Monts d’Ardèche 

Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles

Il y a 200 ans, après un voyage de 10 millions d’années, une météorite atterrit à Juvinas.
L’édition 2021 des rendez-vous géologiques est l’occasion de célébrer cet évènement. 

Mardi 15 juin
Le jour du Bicentenaire de la chute
de la météorite à Juvinas   

Rendez-vous à 17h45, départ de la place de Juvinas, covoiturage jusqu’au lieu de début de la balade.

18h > Balade théâtralisée « Sur les traces de la météorite de Juvinas »
Ce 15 juin, il y a 200 ans, une pierre tombe du ciel, provoquant peur et effroi au Cros de Libonès et alentours… Sur la base des témoignages de l’époque, plongez dans l’histoire des sciences et partez à la découverte de la météorite de Juvinas. D’où vient-elle et pourquoi l’étudier ? Un voyage dans le temps et dans l’espace à la portée de tous, avec Maryse Aymes géologue à Clapas, Roches, Nature et Paysages et Marie-Line Bardou, médiatrice astronomie de Clair d’étoiles & Brin d’jardin. Sur inscription auprès du Parc, au 04 75 36 38 60 –  accueil@parc-monts-ardeche.fr

20h > Inauguration de l’exposition. La Météorite de Juvinas. De l’observation de la chute en 1821 à l’analyse de la météorite : 200 ans d’avancées dans la connaissance du système solaire. 20h30 : Visite guidée de l’exposition avec ses conceptrices, Maryse Aymes et Marie-Line Bardou.
Sur inscription auprès du Parc, au 04 75 36 38 60 – accueil@parc-monts-ardeche.fr

Fragment de la metéorite de Juvinas - prêt du Museum de Paris à la mairie de Juvinas espace vesta. Il permet d'observer le vernis noir de la croute de fusion et l'interieur gris c'est une Eucrite (meteorite hed originaire de Vesta composition proche d'un basalte) - photo maryse aymes

Fragment de la metéorite de Juvinas
Prêt du Museum de Paris à la mairie de Juvinas espace Vesta.
Il permet d’observer le vernis noir de la croûte de fusion et l’intérieur gris.
C’est une Eucrite (meteorite hed originaire de Vesta composition proche d’un basalte)
Photo maryse aymes 

Photos ci-dessus :
Haut gauche – Le hameau de Libones (commune de Juvinas à quelques km d’antraigues)
où est tombée la méteorite le 15 juin 1821 (91 k)

Les 2 de droite – Ballade theâtralisée à deux voix sur les traces de la chute de la météorite
textes anciens et éclairages scientifiques > Lundi 2 août
En bas – Les 2 protagonistes : la géologue Maryse Aymes de Clapas (à droite),
et l’astronome Marie-Line Bardou de Clair d’étoiles et brin d’jardin

Durant 6 mois  

Le Parc des Monts d’Ardèche, des géologues et des passionnés d’astronomie proposent un programme riche en soirées d’observation du ciel, conférences, balades théâtralisées… 
Des dates à réserver pour s’immerger dans l’histoire des sciences (d’une roche extraterrestre tombée en Ardèche au Système solaire), et pour (re)découvrir la beauté et la richesse du ciel des Monts d’Ardèche.
L’ensemble des évènements est gratuit et sur inscription. En cas de temps couvert, les soirées d’observation sont maintenues en intérieur.
Pour tout public dès 8 ans

Du Mardi 1er au 26 juin 
Exposition et galerie itinérante, D’émois en Emaux,
Céramistes et verriers métamorphosent les roches d’Ardèche  

Polinno à Chandolas – L’exposition D’Emois en Emaux, céramistes et verriers métamorphosent les roches d’Ardèche est le fruit d’une expérience territoriale à la croisée des sciences et de l’art et d’une longue recherche autour de l’émail réalisée par huit céramistes et un plasticien verrier accompagnés par des géologues (Michel Beurrier et Maryse Aymes).

La trentaine de pièces exposées sont créées à partir de pierres glanées et transformées en Ardèche. Au-delà des œuvres, des témoignages, des cartes et une scénographie accessible permettent d’appréhender le travail de l’émail et le lien entre la richesse des paysages d’Ardèche et la création de ses professionnels des métiers d’art.

Le mardi, jeudi, vendredi et samedi de 10h à 17h00 et le samedi de 14h à 18h – Gratuit.
24 route des plots quartier Maisonneuve / 06 25 21 51 53  07230 Chandolas / polinno.art

Samedi 18 juin 
Autour de la Lune à Dompnac 21h30, Chapelle Saint-Régis
Astronomie dans la montagne cévenole ardéchoise, entre Beaume et Drobie.

Astre le plus proche de la Terre, la Lune observée au télescope dévoile ses reliefs principaux : cratères d’impacts météoritiques, vastes « mers » de basalte, montagnes délimitant les cratères ou dominant leur centre… Cette balade sur notre satellite sera suivie d’une visite guidée du ciel à l’œil nu pour identifier étoiles et constellations.En cas de mauvaises conditions météorologiques, projection en salle du ciel du jour. Soirée animée par Marie-Line Bardou de Clair d’étoiles & Brin d’jardin. Sur inscription auprès du Parc, au 04 75 36 38 60 –  accueil@parc-monts-ardeche.fr

Vendredi 16 juillet à Montselgues 
La Lune dans le ciel d’été 21h, Gîte La Fage

Astronomie à 1000 m d’altitude, sur un vaste plateau aux confins du Parc.
Avant son Premier Quartier, l’éclat de la Lune est encore propice à la découverte des astres plus discrets. L’observation de notre satellite au télescope sera suivie d’une visite guidée du ciel d’été : le triangle de l’été, la géante Antarès, la discrète Etoile polaire, sans oublier la délicate étoile double Albiréo… deviendront familières à toutes et tous. En cas de mauvaises conditions météorologiques, projection en salle du ciel du jour. Soirée animée par Marie-Line Bardou de Clair d’étoiles & Brin d’jardin.
Sur inscription auprès du Parc, au 04 75 36 38 60 –  accueil@parc-monts-ardeche.fr 

Vendredi 30 juillet
Conférence « La météorite de Juvinas, de 1821 à aujourd’hui » à Malbosc

Le 15 juin 1821, une pierre tombe du ciel provoquant peur et effroi à Juvinas. De Berrias, Jules de Malbosc est témoin du phénomène et le comprend…Les témoignages d’alors mis en regard avec les connaissances d’aujourd’hui, vous plongeront dans l’histoire des sciences et vous feront découvrir la météorite de Juvinas. D’où vient-elle et pourquoi l’étudier ?
Un voyage dans le temps et dans l’espace à la portée de tous, avec Maryse Aymes géologue à Clapas, Roches, Nature et Paysages et Marie-Line Bardou, médiatrice astronomie de Clair d’étoiles & Brin d’jardin. Si la météo est favorable, les échanges après la conférence pourront se poursuivre sous les étoiles avec une visite du ciel à l’œil nu guidée par Marie-Line Bardou.
Gratuit, inscription conseillée auprès du Parc : 04 75 36 38 60 – accueil@parc-monts-ardeche.fr

Lundi 2 août
Balade théâtralisée « La météorite de Juvinas »
à 16h suivie d’une observation du ciel à L’école du vent / St-Clément

Le 15 juin 1821, à moins de 30 km de Saint-Clément à vol d’oiseau, une pierre tombe du ciel, provoquant peur et effroi ! Sur la base des témoignages de l’époque, plongez dans l’histoire des sciences et partez à la découverte de la météorite de Juvinas. D’où vient-elle et pourquoi l’étudier ? Un voyage dans le temps et dans l’espace à la portée de tous, avec Maryse Aymes géologue à Clapas, Roches, Nature et Paysages et Marie-Line Bardou, médiatrice astronomie de Clair d’étoiles & Brin d’jardin.

21H30 : soirée d’observation : le ciel de Saint-Clément   
Pour clore la journée, venez admirer le ciel étoilé de Saint-Clément en compagnie de nos médiateurs spécialisés en astronomie.  A l’occasion de cette journée spéciale l’école du vent sera ouverte en nocturne jusqu’à 21h30.  Réservation obligatoire auprès de l’école du vent : 04 75 30 41 01 – contact@ecole-du-vent.com

La nuit des étoiles  
Vendredi 6, samedi 7, dimanche 8 et samedi 14 août
22ème Nuit des étoiles à Chassiers.

22 h > séances d’observation du ciel tous les soirs et présentation de l’exposition La Météorite de Juvinas en :
– visite libre les 6 et 7 août à 21h, et les 8 et 14 août dès 19h
– visites guidées par les conceptrices de l’exposition les 6 et 7 août à 19h et 20h Renseignements auprès de Clair d’étoiles & Brin d’jardin 07 83 79 07 68.
Inscription obligatoire : www.clairdetoiles-brindjardin.info

Samedi 7 août : 21h
Observation du ciel à St-Cierge-la-Serre avec Paléodécouverte

L’association Paléodécouvertes vous emmène découvrir l’Espace avec Mehdi Bennourine.    
Rendez-vous à 21h sur le parking de la salle polyvalente  
Inscription auprès du Parc des Monts d’Ardèche : 04 75 36 38 60 – accueil@parc-monts-ardeche.fr

Festival des Étoiles – 7 et 8 août à Mars- Ardèche  (de 14h à 1h)

À l’occasion de la Nuit des étoiles, Planète Mars Observatoire Hubert Reeves vous invite à passer 2jours et 2 nuits de festivités astronomiques… sur Mars! Au programme : visite guidée du ciel, animations, ateliers, shows expérimentaux et conférences autour du ciel et de l’espace.
Gratuit et ouvert à tous Renseignements et inscriptions auprès de Planète Mars 
04 75 20 24 64 – contact@planete-mars.pm

Samedi 14 août : observation du ciel à Arcens, au Jardin du clos nouveau.
De 21h30 à 23h30

À l’occasion de la Nuit des étoiles, Planète Mars Observatoire Hubert Reeves vous invite à passer 2 jours et 2 nuits de festivités astronomiques… sur Mars ! Au programme : visite guidée du ciel, animations, ateliers, shows expérimentaux et conférences autour du ciel et de l’espace.
Gratuit et ouvert à tous Renseignements et inscriptions auprès de Planète Mars 
04 75 20 24 64 – contact@planete-mars.pm

Du Jeudi 9 septembre au 31 octobre :
Exposition et galerie itinérante, D’émois en Emaux,
Céramistes et verriers métamorphosent les roches d’Ardèche

Muséum de l’Ardèche à Balazuc
Du mercredi au dimanche : de 14h00 à 17h30
Pendant les vacances d’automne : 7j/7, 10h à 12h30 et de 14h à 17h30
Tarifs : Adulte 7,70 €  / Enfant 5.50 € / Enfant – 6 ans : gratuit
Muséum de l’Ardèche – La Croisette – 07120 Balazuc
museum-ardeche.fr / 04 28 40 00 35 

Samedi 25 septembre :
Les planètes dans le ciel d’automne
à la ferme de Bourlatier / Sagnes-et-Goudoulet      

15h : Animation roches et architecture. Les roches et les paysages du Massif Mezenc-Gerbier ont une histoire. Jean-Noël Borget, géologue, la racontera en lisant le paysage et les roche de Bourlatier. Accompagnés d’une frise géologique géante du géoparc et de lithoscope, vous replacerez l’histoire géologique du Massif dans celle de la Terre.

20h : Soirée d’observation à Bourlatier : Les planètes dans le ciel d’automne   stronomie sur la Montagne ardéchoise, à 1300 mètres d’altitude. En l’absence de la Lune, les détails de la voûte céleste se dévoilent.
Une visite guidée à l’œil nu permettra de prendre ses repères, identifier les constellations du ciel d’automne
et apprendre à distinguer étoiles et planètes. Le télescope complètera l’observation et aidera à contempler
les satellites et bandes nuageuses de Jupiter, comme les anneaux de Saturne.

En cas de mauvaises conditions météorologiques, projection en salle du ciel du jour.
Soirée animée par Marie-Line Bardou de Clair d’étoiles & Brin d’jardin.
Gratuit, à partir de 8 ans. Inscriptions pour ces deux évènements auprès du Parc 04 75 36 38 60 accueil@parc-monts-ardeche.fr

Samedi 9 octobre
LE JOUR DE LA NUIT
Au col de la Croix de Millet, à Prunet à 19h30

A plus de 700 m d’altitude, sur l’un des cols de la ligne de crête du Tanargue, cette soirée astronomie s’inscrit dans une action nationale de lutte contre la pollution lumineuse. Dans un site magnifique et exempt de tout éclairage, un croissant de Lune et Vénus formeront le tableau d’ouverture. Après le coucher de la Lune, une visite guidée du ciel à l’œil nu permettra d’apprendre à distinguer étoiles et planètes, repérer les constellations et… contempler la Voie lactée, spectacle désormais accessible à seulement un tiers de l’humanité à cause de l’excès d’éclairage artificiel. En cas de mauvaises conditions météorologiques, projection en salle du ciel du jour. Soirée animée par Marie-Line Bardou de Clair d’étoiles & Brin d’jardin. Sur inscription auprès du Parc, au 04 75 36 38 60 –  accueil@parc-monts-ardeche.fr 

A Mars de 20h à minuit
Dans le cadre de la Fête de la Science et en partenariat avec le Parc Naturel régional des Monts d’Ardèche, Planète Mars vous propose de célébrer le Jour de la Nuit afin d’en apprendre plus sur l’importance de la préservation de l’obscurité. L’observatoire fait partie des quelques sites astronomiques de France reconnus et protégés par un arrêté national visant à préserver l’obscurité du ciel nocturne. Gratuit, à partir de 8 ans Renseignements et inscriptions auprès de Planète Mars : 04 75 20 24 64 – contact@planete-mars.pm

A Lyas à 18h 
L’association Paléodécouvertes vous emmène découvrir l’Espace avec Mehdi Bennourine. Passez votre permis télescope et embarquez pour un voyage d’initiation à l’astronomie où chacun pourra apprendre à viser à son rythme et se repérer à l’aide des constellations. Rendez-vous sur le parking de la salle polyvalente (le village haut, Lyas) Sur inscription auprès du Parc, au 04 75 36 38 60 – accueil@parc-monts-ardeche.fr 

Vendredi 5 novembre
Conférence de Bernard Riou : « Météorites et dinosaures »
20h – Espace Deydier à Ucel

Rendez-vous à Ucel avec le paléontologue Bernard Riou pour en apprendre davantage sur les météorites, leurs typologies et spécificités, apprendre à les différencier du fer et évoquer les plus spectaculaires manifestations visibles sur Terre. En ligne de mire, la disparition des dinosaures non-aviens comme témoignage de l’une des plus symboliques manifestations 

Vendredi 10 décembre
Le ballet des planètes

18h, école publique, 07110 Chassiers
Astronomie dans un village de caractère de l’Ardèche méridionale.
Au crépuscule, la Lune ponctue un alignement remarquable formé par Vénus, Saturne et Jupiter. Cette soirée permettra de comprendre pourquoi cet alignement n’est qu’apparent, observer les planètes et la Lune au télescope, se repérer dans le ciel étoilé et prendre conscience des distances dans l’Univers. Soirée animée par Marie-Line Bardou de Clair d’étoiles & Brin d’jardin. Sur inscription auprès du Parc, au 04 75 36 38 60 –  accueil@parc-monts-ardeche.fr  

Congrès international « les inventaires du géopatrimoine » – Toulouse 2015

L’association Clapas, membre du réseau national géole section vulgarisation
de la société géologique de France, participe aux Rencontres Géole annuelles mais aussi régulièrement aux journées internationales du patrimoine géologique.

Ainsi Maryse Aymes et Georges Naud ont contribué
au congrès international « les inventaires du géopatrimoine »
organisé par le muséum de Toulouse du 22 au 26 septembre 2015

sur le thème  géopatrimoine et géoparc.

En effet si le grand public et les scolaires fréquentent déjà
depuis de nombreuses années des sites géologiques prestigieux (aujourd’hui géosites),
équipés de panneaux d’information ou non, attirés par des paysages spectaculaires.
L’enjeu est aujourd’hui de dévoiler à un public plus large encore
leur composante géologique, les dessous de ce paysage.
Les actions du Geopark visent à rendre lisible pour tous
la richesse du patrimoine géologique ardéchois ;
pour cela, donner au savoir des habitants ce patrimoine et ses acteurs est une priorité,
dans un but d’appropriation et de transmission.

Il s’agit dans cette communication de définir ce qu’est la vulgarisation scientifique en géologie,
son historique sur le territoire ardéchois.
Enfin, il s’agit d’évoquer la dynamique induite par le label géoparc
et les questionnements qui émergent.

Vous trouverez
ici
la contribution de Maryse Aymes :
« Le patrimoine géologique ardéchois et sa valorisation :
l’attribution du label « Geopark » au Parc naturel régional des Monts d’Ardèche,
une reconnaissance de la vulgarisation en géologie »
Il s’agit de la version intégrale de la communication, publiée en 2015 dans les actes du colloque.
Elle devient à ce jour libre de mise en ligne sur le net.

Visite de la carrière Dodet à Thueyts (juin 2018)

L’association Clapas a eu la chance durant l’année de visiter
avec les enfants des classes primaires de Thueyts

l’exploitation de Pouzzolane en activité qui domine le village.
Au fil de l’évolution de l’exploitation,

l’histoire du volcan la Gravenne de Thueyts se précise.
Fort de son implication dans la société de géologie de l’Ardèche

une visite a été organisée pour les membres de cette dernière en juin 2018.

Cette visite a été effectuée l’après midi du samedi 17 juin 2018,
après l’assemblée générale extraordinaire  de la SGA à Jaujac le matin.

Avec Georges Naud, Maryse Aymes nous a présenté le site de l’entreprise Dodet.
Puis elle a évoqué les utilisations de la pouzzolane qui y est exploitée:
– en support de culture (en mélange avec du terreau) ou en paillage
(répandu en couche épaisse à la surface du sol)
– en matériau dans les drains, dans les filtres d’assainissement, dans les terrains de sports
– en matériau d’isolation phonique et thermique
– sur la route pour le déneigement
– en filtre pour les industries agro-alimentaires
– dans le ciment romain…

Elle a signalé que cette carrière avait évolué depuis sa visite précédente avec des scolaires.
Les coupes observées changent au fur et à mesure que les terrains disparaissent avec l’exploitation.

A l’entrée est de la carrière, le contact des produits volcaniques sur le granite
est marqué par des dépôts finement lités de projections correspondant
à des explosions phréato-magmatiques.
Le volcan a donc commencé par une phase explosive.

La suite de l’activité est de type strombolien car les principaux niveaux exploités
sont contitués par de la pouzzolane ,
c’est à dire des scories volcaniques : des projections de cendres et petites bombes volcaniques.
Ces dernières peuvent être  soudées à chaud ou non.
L’exploitation des scories soudées nécessite plus de travail pour l’exploitant.
Certaines bombes ont un noyau de granite arraché aux parois de la cheminée
volcanique et projeté à l’état solide au milieu d’un paquet  de lave.
Ici, beaucoup de bombes ont un aspect de projection cordiforme qui se replie au contact du sol
ou durant leur trajet en l’air. On parle alors de bombe en ruban.
Mais il peut aussi y avoir d’autres aspects (croute de pain… )

Les niveaux sont en général de teinte rouge, signalant une oxydation de type oxyde ferrique Fe3+.
Certains blocs sont vacuolaires, presque comme des pierres ponces.

Toutefois, certains niveaux sont bien plus sombres avec des reflets bleutés en surface,
couleur sombre  vraisemblablement liée à un  niveau d’oxydation moindre avec du fer ferreux Fe2+,
et évoquant ceux présents dans des coulées basaltiques récentes.

Pour l’interprètation de ces variations de couleurs/oxydation,
Baudry&Camus « les projections volaniques… » rapport BRGM 1970
opposent faciès coeur de cône rouge et base de cône noire.
Les scories sont d’autant plus rouges qu’elles sont proches du point d’émission.

Les minéraux à l’origine des reflets bleux sont mal connus.
L’hématite avec son fer et la cuprite avec son cuivre  ont été évoqués.
Les bombes des pouzzolanes  peuvent outre le granite, entourer des « nodules de péridotites »
constitués en particulier d’olivine, qui ont été arrachés plus profondément
lors de la remontée du magma entre 80 et 30  km de profondeur, dans le manteau supérieur…
(voir ce lien  vers la page  « péridotites de Burzet » de P.Thomas )

D’autres niveaux affleurent dans cette carrière et sont exploités.
En particulier, le soubassement granitique du volcan est exploité
par broyage/tamisage pour faire des sables.

Quelques points de basaltes, ont été observés,
mais il est difficile de se faire une idée complète de leur géométrie
du fait de l’exploitation qui ne les a pas laissés en continuité.
Un affleurement en particulier évoque une coulée sur le flanc de l’édifice volcanique,
mais l’hypothèse de sills à l’intérieur des flancs du volcan n’est pas à exclure.
Un 2e affleurement pourrait correspondre à un sommet de neck.
Vers l’entrée de la carrière, de gigantesques primes de basaltes (taille métrique de la section)
évoquent plutôt le refroidissement dans un lac de lave, mais il n’a pas été possible
de voir leur localisation originelle. Il faudrait questionner l’exploitant.
Vraisemblablement ils ne viennent pas de la carrière, mais de la coulée prismée
qui porte le village de Thueyts et qui est située plus bas topographiquement.

L’extrémité de la carrière visitée surplombe au nord-ouest
la 2e carrière de pouzzolane de Thueyts, de l’exploitant Brun.
Elle est située dans des niveaux bien plus épais de pouzzolanes.
Le socle granitique n’y apparait même pas à priori.

Nous n’avons pas visité le coeur de l’édifice volcanique à l’origine de ces dépots,
la « gravenne de Thueyts ».
Mais il apparaît sur les photographies aériennes accessibles sur le géoportail.
Il est à l’origine de la grosse coulée basaltique qui forme le plateau du village de Thueyts
et qui est visible au niveau du « pont du diable ».

Ce volcan est donc passé par différentes phases:
– explosions phréatomagmatiques
– projections stromboliennes
– coulées

Des datations  par thermoluminescence ont donné un age  de 33 000 ans plus ou moins 8 000 ans.
Cette gravenne est classée parmi les « jeunes volcans d’Ardèche »

Le site du Géopark des monts d’Ardèche fournit plus d’information sur la « gravenne de Thueyts ». Voir :

http://www.geopark-monts-ardeche.fr/decouvrir-le-geopark/decouvrir-les-geosites-geopark/les-jeunes-volcans-d-ardeche-geopark/pont-du-diable-et-gravenne-de-thueyts-2344.html
(schéma géologique simplifié en particulier)

En complément de ce CR, pour prolonger la découverte de terrain de façon virtuelle,
en plus de l’image aérienne légendée ci-dessus,
j’ai comparé 2 méthodes de visualisation du relief sur des sites géographiques.

Le site de l’IGN https://remonterletemps.ign.fr/  permet de voir des images aériennes anciennes
et de produire des couples stéréoscopiques à partir des images qui se chevauchent.

Voici un recadrage centré sur la gravenne de Thueyts de 2 images de 1991 (pour oeil  gauche,
à gauche et oeil droit à droite) , à voir en vision parallèle ou avec des lunettes prismatiques .
Attention, la trajectoire de l’avion suivait un axe nord / sud et donc le couple stéréoscopique
le nord à gauche ce qui n’est pas conventionnel en géographie :

L’examen de ce couple montre qu’en 1991, ce volcan apparaissait déjà bien « carrié »
avec des cavités d’exploitation déjà bien marquées et déja plus profondes
dans la carrière Brun que dans la carrière Dodet,
ou néanmoins le granite apparait déjà dans le secteur est,
toute la couche de pouzzolane semblant avoir déjà été enlevée à cet endroit.
Le cratère n’apparait pas vraiment aussi  régulier et il est décalé au sud par rapport à la place
ou il est représenté sur les schémas géologiques des documents de E.T.Berger repris par le PNR.
La vision en relief montre que son rebord nord a déjà été tronqué par Dodet en 1991
et son caractère égueulé vers le sud ouest est manifeste avec une échancrure
allant jusqu’à la base de l’édifice.

Sur les images plus anciennes accessibles, on constate que l’exploitation des pouzzolanes
a débuté après 1956. En 1964, les 2 carrières sont déja bien ouvertes.

L’examen stéréoscopique montre que la « gravenne » a à l’origine,
une forme moins régulière que celle conique attendue d’un volcan.
Outre l’égueulement sud sud ouest, il apparaît un sillon est-ouest
qui a été le point d’attaque des 2 carrières.

Le logiciel « Google Earth » donne à partir d’images de satellites et des modèles numériques
de terrain enregistrés,
une autre vision modélisée 3D des sites.

Celle ci n’est bien perceptible par le spectateur que tant qu’un mouvement
apparent de changement de point de vue est assuré à l’écran.

Sur cette capture, la résolution est plus élevée que sur les images réduites de l’IGN ci-dessus
et la superposition d’informations géographiques (réseau routier en particulier)
permet une meilleure lecture,
mais la perception du relief donc la compréhension de la forme du volcan
est très loin de celle permise par la vision stéréoscopique.

Les outils accessibles actuellement sur le WEB sont complémentaires
et peuvent être très utiles pour la compréhension et la présentation au public
d’objets géologiques vastes.