roches, nature et paysage

Nouveau

Visite de la carrière Dodet à Thueyts (juin 2018)

L’association Clapas a eu la chance durant l’année de visiter
avec les enfants des classes primaires de Thueyts

l’exploitation de Pouzzolane en activité qui domine le village.
Au fil de l’évolution de l’exploitation,

l’histoire du volcan la Gravenne de Thueyts se précise.
Fort de son implication dans la société de géologie de l’Ardèche

une visite a été organisée pour les membres de cette dernière en juin 2018.

Cette visite a été effectuée l’après midi du samedi 17 juin 2018,
après l’assemblée générale extraordinaire  de la SGA à Jaujac le matin.

Avec Georges Naud, Maryse Aymes nous a présenté le site de l’entreprise Dodet.
Puis elle a évoqué les utilisations de la pouzzolane qui y est exploitée:
– en support de culture (en mélange avec du terreau) ou en paillage
(répandu en couche épaisse à la surface du sol)
– en matériau dans les drains, dans les filtres d’assainissement, dans les terrains de sports
– en matériau d’isolation phonique et thermique
– sur la route pour le déneigement
– en filtre pour les industries agro-alimentaires
– dans le ciment romain…

Elle a signalé que cette carrière avait évolué depuis sa visite précédente avec des scolaires.
Les coupes observées changent au fur et à mesure que les terrains disparaissent avec l’exploitation.

A l’entrée est de la carrière, le contact des produits volcaniques sur le granite
est marqué par des dépôts finement lités de projections correspondant
à des explosions phréato-magmatiques.
Le volcan a donc commencé par une phase explosive.

La suite de l’activité est de type strombolien car les principaux niveaux exploités
sont contitués par de la pouzzolane ,
c’est à dire des scories volcaniques : des projections de cendres et petites bombes volcaniques.
Ces dernières peuvent être  soudées à chaud ou non.
L’exploitation des scories soudées nécessite plus de travail pour l’exploitant.
Certaines bombes ont un noyau de granite arraché aux parois de la cheminée
volcanique et projeté à l’état solide au milieu d’un paquet  de lave.
Ici, beaucoup de bombes ont un aspect de projection cordiforme qui se replie au contact du sol
ou durant leur trajet en l’air. On parle alors de bombe en ruban.
Mais il peut aussi y avoir d’autres aspects (croute de pain… )

Les niveaux sont en général de teinte rouge, signalant une oxydation de type oxyde ferrique Fe3+.
Certains blocs sont vacuolaires, presque comme des pierres ponces.

Toutefois, certains niveaux sont bien plus sombres avec des reflets bleutés en surface,
couleur sombre  vraisemblablement liée à un  niveau d’oxydation moindre avec du fer ferreux Fe2+,
et évoquant ceux présents dans des coulées basaltiques récentes.

Pour l’interprètation de ces variations de couleurs/oxydation,
Baudry&Camus « les projections volaniques… » rapport BRGM 1970
opposent faciès coeur de cône rouge et base de cône noire.
Les scories sont d’autant plus rouges qu’elles sont proches du point d’émission.

Les minéraux à l’origine des reflets bleux sont mal connus.
L’hématite avec son fer et la cuprite avec son cuivre  ont été évoqués.
Les bombes des pouzzolanes  peuvent outre le granite, entourer des « nodules de péridotites »
constitués en particulier d’olivine, qui ont été arrachés plus profondément
lors de la remontée du magma entre 80 et 30  km de profondeur, dans le manteau supérieur…
(voir ce lien  vers la page  « péridotites de Burzet » de P.Thomas )

D’autres niveaux affleurent dans cette carrière et sont exploités.
En particulier, le soubassement granitique du volcan est exploité
par broyage/tamisage pour faire des sables.

Quelques points de basaltes, ont été observés,
mais il est difficile de se faire une idée complète de leur géométrie
du fait de l’exploitation qui ne les a pas laissés en continuité.
Un affleurement en particulier évoque une coulée sur le flanc de l’édifice volcanique,
mais l’hypothèse de sills à l’intérieur des flancs du volcan n’est pas à exclure.
Un 2e affleurement pourrait correspondre à un sommet de neck.
Vers l’entrée de la carrière, de gigantesques primes de basaltes (taille métrique de la section)
évoquent plutôt le refroidissement dans un lac de lave, mais il n’a pas été possible
de voir leur localisation originelle. Il faudrait questionner l’exploitant.
Vraisemblablement ils ne viennent pas de la carrière, mais de la coulée prismée
qui porte le village de Thueyts et qui est située plus bas topographiquement.

L’extrémité de la carrière visitée surplombe au nord-ouest
la 2e carrière de pouzzolane de Thueyts, de l’exploitant Brun.
Elle est située dans des niveaux bien plus épais de pouzzolanes.
Le socle granitique n’y apparait même pas à priori.

Nous n’avons pas visité le coeur de l’édifice volcanique à l’origine de ces dépots,
la « gravenne de Thueyts ».
Mais il apparaît sur les photographies aériennes accessibles sur le géoportail.
Il est à l’origine de la grosse coulée basaltique qui forme le plateau du village de Thueyts
et qui est visible au niveau du « pont du diable ».

Ce volcan est donc passé par différentes phases:
– explosions phréatomagmatiques
– projections stromboliennes
– coulées

Des datations  par thermoluminescence ont donné un age  de 33 000 ans plus ou moins 8 000 ans.
Cette gravenne est classée parmi les « jeunes volcans d’Ardèche »

Le site du Géopark des monts d’Ardèche fournit plus d’information sur la « gravenne de Thueyts ». Voir :

http://www.geopark-monts-ardeche.fr/decouvrir-le-geopark/decouvrir-les-geosites-geopark/les-jeunes-volcans-d-ardeche-geopark/pont-du-diable-et-gravenne-de-thueyts-2344.html
(schéma géologique simplifié en particulier)

En complément de ce CR, pour prolonger la découverte de terrain de façon virtuelle,
en plus de l’image aérienne légendée ci-dessus,
j’ai comparé 2 méthodes de visualisation du relief sur des sites géographiques.

Le site de l’IGN https://remonterletemps.ign.fr/  permet de voir des images aériennes anciennes
et de produire des couples stéréoscopiques à partir des images qui se chevauchent.

Voici un recadrage centré sur la gravenne de Thueyts de 2 images de 1991 (pour oeil  gauche,
à gauche et oeil droit à droite) , à voir en vision parallèle ou avec des lunettes prismatiques .
Attention, la trajectoire de l’avion suivait un axe nord / sud et donc le couple stéréoscopique
le nord à gauche ce qui n’est pas conventionnel en géographie :

L’examen de ce couple montre qu’en 1991, ce volcan apparaissait déjà bien « carrié »
avec des cavités d’exploitation déjà bien marquées et déja plus profondes
dans la carrière Brun que dans la carrière Dodet,
ou néanmoins le granite apparait déjà dans le secteur est,
toute la couche de pouzzolane semblant avoir déjà été enlevée à cet endroit.
Le cratère n’apparait pas vraiment aussi  régulier et il est décalé au sud par rapport à la place
ou il est représenté sur les schémas géologiques des documents de E.T.Berger repris par le PNR.
La vision en relief montre que son rebord nord a déjà été tronqué par Dodet en 1991
et son caractère égueulé vers le sud ouest est manifeste avec une échancrure
allant jusqu’à la base de l’édifice.

Sur les images plus anciennes accessibles, on constate que l’exploitation des pouzzolanes
a débuté après 1956. En 1964, les 2 carrières sont déja bien ouvertes.

L’examen stéréoscopique montre que la « gravenne » a à l’origine,
une forme moins régulière que celle conique attendue d’un volcan.
Outre l’égueulement sud sud ouest, il apparaît un sillon est-ouest
qui a été le point d’attaque des 2 carrières.

Le logiciel « Google Earth » donne à partir d’images de satellites et des modèles numériques
de terrain enregistrés,
une autre vision modélisée 3D des sites.

Celle ci n’est bien perceptible par le spectateur que tant qu’un mouvement
apparent de changement de point de vue est assuré à l’écran.

Sur cette capture, la résolution est plus élevée que sur les images réduites de l’IGN ci-dessus
et la superposition d’informations géographiques (réseau routier en particulier)
permet une meilleure lecture,
mais la perception du relief donc la compréhension de la forme du volcan
est très loin de celle permise par la vision stéréoscopique.

 

Les outils accessibles actuellement sur le WEB sont complémentaires
et peuvent être très utiles pour la compréhension et la présentation au public
d’objets géologiques vastes.
Je regrette juste que le développement grand public de la 3D
se soit arrêté à nouveau après le boom des années 2010.
Je rève d’un google earth en 3D stéréoscopique, mais pour cela il faudrait que le public supporte
les outils d’affichage 3D qui passent souvent par  des lunettes adaptées,
et que les firmes développent des appareils à cout raisonnable pour le grand public…

LES OCRES DE CORNILLON (mars 2018)

L’association Clapas accueille souvent des classes du collège
de Bagnols-sur-Cèze à Cornillon à la limite du Gard et de L’Ardèche
sur la vallée de la Cèze. Aussi, Maryse Aymes, animatrice et géologue
à Clapas a co-animé avec André Rey de la société géologique
de l’Ardèche une sortie  sur les ocres de Cornilllon.
Les affleurements visités durant cette sortie permettent de mettre
en évidence  l’émersion de notre région à la fin du secondaire
ainsi que l’utilisation des ocres dans l’industrie.

Nous étions 15 pour cette sortie plusieurs fois reportée pour cause de mauvais temps,
mais qui s’est finalement déroulée sans grosses giboulées de mars et sous de belles éclaircies.
Elle était guidée par Maryse Aymes et André Rey.

Après un premier arrêt au pont Saint André au bord de la Cèze
pour observer les calcaires urgoniens et leurs rudistes,
ainsi que les galets transportés par la rivière,
nous nous déplaçons jusqu’au lieu-dit « les Idarocs ».
Ce 2e affleurement est situé dans le Turonien.
Il montre des alternances de sables et de calcaires gréseux.
Des rudistes du genre Sphaerulites sont visibles en surface de certains bancs.

Un banc est remarquable par l’abondance des moulages internes de tests allongés
de gastéropodes du groupe des nérinées qu’il renferme.

Les sections de coquilles sont orientées préférentiellement,
mais certaines sont néanmoins à 90° du sens principal.
Des plaques d’oxydes de fer remplissent des fissures verticales dans le banc.
Ces dépôts correspondent à des avancées et reculs marins régionaux au crétacé supérieur.

Après le pique-nique sur les gradins de la cène de l’ancien château du village,
3e arrêt et nous visitons 2 anciennes carrières d’ocres.
Ces sables jaunes et rouges appartiennent au turonien supérieur.

Un niveau de lignite apparaît bien au 1/3 inférieur de l’image.
Il est interrompu par un plan de faille à 45° qui nous a intrigué.
Un 2e niveau de lignite, plus mince est présent au-dessus.

Voici l’itinéraire suivi ce samedi 17 mars 2018 par la SGA, tel qu’enregistré par le GPS de P.Chevalier,
en affichage sur le géoportail. (fond géologique + trace en bleu)

Cette sortie reprend en grande partie des arrêts faits lors d’une sortie précédente,
datant du 10 novembre 2007.
Le compte rendu de celle-ci par Maryse Aymes est imprimé
dans le bulletin numéro 2 (2009) de la SGA.
Ce numéro est épuisé. Contactez-nous pour en avoir une copie.

Une formation-action Géoparc des Monts d’Ardèche:

Faire découvrir, partager, promouvoir le patrimoine géologique

Le rendre accessible à tous
Une passion commune entre l’association Clapas et le CPIE du Velay

Suite à un appel à projet du Géoparc des Monts d’Ardeche dans
le cadre de son volet médiation, Maryse Aymes (pour Clapas roche nature et paysage)
et Jean-Noël Borget (pour le CPIE du Velay) s’engagent dans ce projet pour co-construire
des outils pédagogiques avec leurs futurs utilisateurs en octobre 2017.

Une enquête préalable CPIE fait apparaître 32 participants potentiels.
De là se précise un groupe de travail d’une quinzaine de personnes qui a participé
à cinq après-midis de rencontre-formation-échange
et co-construction d’outils de nov 2017 à mars 2018.

Les prototypes des outils ont été présentés aux auditeurs Unesco lors de la ré-évaluation du Géoparc juillet 2018
à la maison de site du Gerbier

Les outils définitifs ont été édités en août 2018 :
la 1ère présentation publique a eu lieu le 3 avril 2019
ainsi qu’une remise des outils à l’ensemble des participants.

Au cours des échanges avec le groupe de travail les besoins de chacun
sont ressortis en matière de formation et d’outils ; il est décidé de réaliser 2 outils : 

  1 : Un outil sur le temps, exposition et frise « Changer d’ère » :
il s’agissait d’illustrer l’histoire géologique du Géoparc des Monts d’Ardèche
avec des exemples locaux :
roches et paysages issus des géosites, de faire le lien entre l’histoire géologique de l’Ardèche
et l’histoire de la planète Terre.

Pour créer de belles reconstitutions paléogéographiques en lien avec la géologie du territoire,
il a été fait appel à un illustrateur spécialisé Pierrick Legobien.
Nous avons bénéficié des conseils de l’Université de Bourgogne en la personne d’Emmanuel Fara
qui étudie les empreintes de reptiles du géoparc.

Cette outil est en prêt gratuit auprès du géoparc des Monts d’Ardèche et consultable en ligne ici :

http://www.geopark-monts-ardeche.fr/education-et-geologie-geopark/outils-pedagogiques

– 2 : Un outil permettant de s’initier à la géologie à travers les matériaux utilisés dans le bâti : « le lithoscope ».
Il présente de façon simple les principales roches du géoparc, des clefs de détermination et encourage la découverte de quelques sites remarquables par leur architecture et le choix des matériaux :
un outil idéal pour les guides conférenciers, animateurs, structures d’accueil en tout genre et enseignants pour découvrir la géologie de leur secteur d’une manière innovante.

Cet outil est consultable ici :

http://www.geopark-monts-ardeche.fr/images/phocadownload/lithoscope%20_compressed.pdf

D’autres liens :

La frise (cliquez sur l’image)

L’expo 

http://www.geopark-monts-ardeche.fr/education-et-geologie-geopark/outils-pedagogiques.html »

Histoire géologique des monts d’Ardèche 

http://www.geopark-monts-ardeche.fr/decouvrir-le-geopark/presentation-du-geopark-geopark/histoire-geologique-des-monts-d-ardeche-geopark.html

 

 

Image

conférence

Ardèche Claire

Depuis plusieurs années, le Syndicat Mixte Ardèche Claire
(depuis janvier 2018 devenu Etablissement Public Territorial du Bassin Versant de l’Ardèche ),
coordonne et aide au financement d’interventions autour de projets pédagogiques sur l’eau et notamment sur le thème du risque inondation.


C’est dans ce cadre que les élèves de l’école de Berrias sont partis
à la découverte des cours d’eau qui jalonnent leur commune.


En remontant la principale rivière le Granzon, ils ont pu observé la faune :
ragondin, canard, passereaux, traces de castor,
la flore : aulne et peuplier, le patrimoine bâti : puits, gué, ponts. Ils se sont aussi aperçu
que le Granzon et ses affluents pouvaient être en crue
et que les anciens avaient construits des digues, des chemins pavés,
des ponts submersibles et des ouvertures
au bas des murs pour se protéger des celles-ci ou limiter les dégâts.


L’après-midi, après avoir eu une explication sur le phénomène des crues cévenoles,
les enfants ont réalisés une modélisation d’une rivière afin d’aborder
la notion de dynamique de la rivière :
Erosion, Transport et Sédimentation. Une prochaine sortie est prévue
pour aller observer la rivière Chassezac
et parler d’entretien de la rivière avec une technicienne sur un chantier en cours.

Image

sorties MARS

26 èmes rencontres Géole – 2017 – du 6 au 9 avril 2017 à Aubenas (Ardèche)

Comment utiliser l’histoire des sciences en vulgarisation des sciences de la terre ?

« Quel endroit pourrait être mieux approprié pour des retrouvailles
entre géoliens qu’une cavité souterraine ?
C’est donc sous la surface de la magnifique Ardèche, à l’aven d’Orgnac,
que les membres de la section Géole de la SGF se sont rejoints
pour cette 26ème édition des Rencontres Géole, du 6 au 9 avril 2017.
Cette année, ce fut au tour de Maryse Aymes, fondatrice de l’association Clapas,
et de Georges Naud président de la Société Géologique de l’Ardèche, de concocter un programme
riche en émotion, avec comme thématique l’utilisation de l’histoire des sciences
pour la vulgarisation des sciences de la Terre.

Accueil à l’Aven d’Orgnac

Bien entendu, les géoliens ne sont pas restés quatre jours dans l’obscurité de la grotte !
La visite de l’aven d’Orgnac n’était que l’apéritif proposé en guise
d’introduction à la géologie ardéchoise.
Cela annonçait le meilleur pour la suite ! Vers 13h30, les cinquante participants se sont
donc engouffrés dans l’obscurité de l’aven, guidés par le géologue Philippe Barth
racontant avec passion l’histoire et la vie de la grotte.
C’est bien connu,
l’émerveillement est un puissant allié pour le médiateur scientifique,
et il faut bien avouer qu’il est difficile de rester insensible devant une telle œuvre de la nature.

Un grand merci à notre guide et au bel article que Orgnac
a fait passe dans le journal sur les rencontres géole

Les géoliens étant nombreux cette année, il a fallu diviser le groupe en deux
pour la suite du programme.
Un groupe est allé visiter “La Cité de la Préhistoire” en compagnie de Philippe Barth,
tandis que l’autre groupe a suivi Maryse Aymes, pour une courte randonnée découverte
(il s’agit d’une animation pour les scolaires nommée  » Les mystères du Bois de Ronze »)
qui amène à visiter le site archéologique de la Baume de Ronze
.

Un lieu improbable, qui recèle de nombreux secrets !
Géologiquement parlant, il s’agit d’un ancien aven
dont le toit s’est effondré, laissant le chemin libre à la végétation : c’est un aperçu
de ce que pourrait devenir l’aven d’Orgnac d’ici quelques millions d’années.
Petit havre de paix protégé par de hautes parois avec un immense abri sous roche,
c’est aussi un lieu que les Hommes du Néolithique utilisaient comme bergerie.
L’intérêt pédagogique de cet endroit à proximité de l’aven d’Orgnac en fait
un site de qualité pour les scolaires :
la mise en évidence des fumiers fossiles à travers les sphérolites
ainsi que les traces laissées par les habitats successifs en font un site de choix
pour s’initier à la démarche scientifique.

En parallèle de cet après-midi, les Géoparcs de France ont tenu leur assemblée générale
à la Maison du Parc de Jaujac. Le soir venu, les géoliens ont regagné leur centre d’hébergement
aux “Jardins intérieurs” à Saint-Privat, en bordure de l’Ardèche, tout à côté d’Aubenas.
En attendant le repas du soir, une présentation du label Géoparc mondial UNESCO,
en présence notamment du président des Géoparcs de France,
était proposée à ceux qui le souhaitaient.

Enfin, à l’issue du repas (qui fut, ce soir-là comme tous les autres, excellent),
l’histoire des sciences s’est invitée à travers une lettre de Voltaire
dans laquelle il traite les volcans de monticules et rappelle
que d’envoyer les dames en confesse ne protège ni des tremblements de terre
ni des chutes de météorites.

La soirée fut animée par Marie-Line Bardou, animatrice en astronomie
de l’association « Clair d’étoiles et Brin d’jardin » accompagnée de
Maryse Aymes
elle a donné une conférence sur la météorite de Juvinas.
Ce fut l’occasion ici de rentrer dans le vif du sujet de ces rencontres,
puisque cette conférence s’articulait particulièrement autour de l’histoire des sciences.

Les deux inséparables lors des ballades théâtralisées sur le site de la chuteOn peut voir un gros fragment dans l’exposition temporaires sur les météorites au muséum de Paris

Cet aérolithe s’est écrasé à Labastide de Juvinas en 1921 ; elle pesait 91 kg donc 36 kg seulement
sont actuellement au Museum de Paris. Cependant, si elle a fait grand bruit dans tous les sens du terme à l’époque elle reste aujourd’hui encore méconnue du grand public…
Mais voilà qu’elle revient dans l’actualité.
Juvinas fait en effet partie des météorites différenciées achondrites HED,
catégorie des Eucrites, dont le corps parent serait l’astéroïde Vesta.
En effet  la sonde Dawn,
en orbite autour de cet astéroïde de juillet 2011 à juillet 2012,
a contribué à une meilleure connaissance
de cette météorite, du Système solaire et de sa formation.
Cette soirée riche commença autour des textes d’archives relatant la chute
et la découverte de la météorite,
pour se poursuivre par une présentation de la classification des météorites et de leurs apports
à la connaissance de la formation du Système solaire. La soirée se termina bien entendu
sur les chutes récentes et l’opération vigie ciel.

Surprise, la coupe d’Aizac n’est pas une coupe géologique mais bien le nom d’un volcan
dont la cratère égueulé rappelle une Coupe… l’occasion de parler de la RTM en Ardèche.

Vendredi, ce fut la traditionnelle journée consacrée à l’utilisation du terrain
par les médiateurs en géologie,
à la découverte du géopatrimoine local. ! Emmenés par Maryse Aymes et Georges Naud,
les géoliens ont pu profiter d’une excellente journée sous le soleil, à la découverte des géosites
et panoramas emblématiques du Géoparc des Monts d’Ardèche.
Les géoliens n’étant pas encore habitués
au vocabulaire des géologues des lumières ardéchois, Faujas de Saint Fond
et Jean-Louis
Giraud-Soulavie,
le premier arrêt fut quelque peu surprenant
. En effet, se dirigeant vers la Coupe d’Aizac,
nombreux s’attendaient à observer une véritable coupe géologique dans le paysage,
tandis que quelques rares géoliens espéraient déjà boire un verre d’une boisson locale !
En fait, la coupe désigne le volcan par sa forme dans le paysage.
D’autres édifices volcaniques ayant façonné le territoire ont été approchés dans la journée,
après la Coupe d’Aizac, ce fut la Coupe de Jaujac et ses coulées,
la protrusion de lave visqueuse du Mont Gerbier de Jonc et le paysage des Sucs phonolitiques…


Les géoliens à Bourlalier

Pique-nique en extérieur à Bourlatier

Ainsi après Aizac, les Géoliens ont pris progressivement de l’altitude
pour rejoindre à 1 350 m d’altitude
la ferme seigneuriale de Bourlatier, datée de 1543.
Ce bâtiment est régulièrement enfoui sous les neiges hivernales,
mais par chance exceptionnellement en ce mois d’avril les géoliens ont pu pique-niquer dehors.
Outre l’intérêt historique et architectural du bâtiment, les matériaux choisis pour sa construction
donnent un bel aperçu de la géologie locale, avec par exemple des basaltes,
du trachyte ou encore du triffou,
roche conglomératique issue d’un phréatomagmatisme. Une animation matériaux et architecture qui reçoit régulièrement beaucoup de succès auprès du public familial.

Le bâti et ses matériaux étudiés sur toutes les coutures

Pour le dessert, les géoliens reprirent la route vers le Pays des Sucs avec un arrêt
au Mont Gerbier de Jonc,
officiellement reconnu comme la source de la Loire. En vérité, il n’y a pas qu’une seule source,
les premières gouttes de la Loire jaillissent en divers endroits avant de former un premier ruisseau.
Si le temps manquera aux géoliens pour gravir le Mont,
ils prendront tout de même quelques instants
pour un petit bœuf musical au son des phonolites !

Georges Naud présente la panorama sur les sucs

Pour en finir avec les phonolites c’est Emmanuelle Defive
maître de conférences à l’Université de Clermont-Ferrand, qui expliqua ses travaux de recherche
sur une curiosité géologique encore mal comprise, les rivières de pierres, ici celle du Pré du Bois.

Tout est dans le nom, et il faut reconnaitre que cela ressemble assez bien à ce que l’on imagine.
Elle « coule » la rivière, elle se déplace, mais d’où vient t- elle ? Où va-t-elle ?
Pas de corniche avoisinante, pas d’indice majeur dans le relief,
bref, une géomorphologie encore bien mystérieuse !
Un site de rêve à médiatiser auprès des publics scolaires qui l’adorent et bien sûr
au grand public amoureux de nature. Nous aurions aimé poursuivre par un atelier d’échanges
sur comment présenter ce phénomène au grand public ( du rêve à la réalité),
mais attendu à la maison du parc pour le bar à eaux minérales cela ne fut pas possible.
Notons que ce site a très largement inspiré par la suite des oeuvres créatives du soir.

Un névé immortalisé Géole 2017 à la rivière de pierres

Enfin, après un peu de route, les géoliens se sont arrêtés à proximité de la magnifique
coulée de Jaujac, offrant à voir ses trois parties au belvédère de Fabras :
ses orgues basaltiques de la vraie colonnade,
l’entablement et la fausse colonnade.

Dégustation des eaux au PNR

L’excursion s’est terminée à la Maison du Parc où nous attendait Lorraine Chenot,
présidente du Parc Naturel Régional des Monts d’Ardèche, pour une dégustation
des eaux minérales locales, comme « La Reine des Basaltes », « la Vernet »…
un bar à eaux, une animation très réussie
du PNR- Géoparc des Monts d’Ardèche.
Cela constitua un bon préambule
à la conférence du soir tenue par Georges Naud : « La Valse des eaux minérales ».

Arnaud Bérat présente les modalités de vote pour les œuvres réalisés
par les écoles pour le concours volcan

Un public nombreux et attentif

Reposés de leur excursion de la veille, les géoliens ont commencé tôt leur journée du samedi,
destinée aux différentes communications.
En effet, à Géole, chacun peut choisir d’intervenir pour présenter sa structure,
son travail, interroger les autres et partager son expérience.

C’est aussi le moyen d’avoir un retour constructif sur un projet,
et ainsi de pouvoir progresser et trouver de meilleures approches
pour diffuser les sciences de la Terre.
C’est une journée où les idées fusent, où chacun y gagne dans le partage.
Lorsqu’un géolien rentre chez lui après ces rencontres, il porte un élan et un espoir nouveau
et travaille de bon cœur pour franchir les obstacles qui se dressent devant lui.
Cette énergie, elle naît de la communauté que forme Géole,
ce groupe dispersé aux quatre coins de la France,
constitué d’individus parfois isolés mais qui œuvrent tous pour une même cause
qui leur tient à cœur et à laquelle ils ont souvent consacré leur vie :
la diffusion des sciences de la Terre.

Georges Naud présente les mines d’Ardèche et les ressources des archives départementales

Un public ami

Citons quelques moment fort de la journée : le suspense autour du microcodium,
ou de l’origine cachée de la dalle du dolmen de.la maison des améthystes,
la révision de l’histoire de l’évolution
des dinosaures ou l’histoire des contributeurs-trices à la dérive des continents
et à la tectonique des plaques.
Le clou de la journée fut sans conteste l’atelier apéritif « gouter la géologie » animé par Luc David :
enseigner la stratigraphie en racontant des contines et en empilant des lentilles et du riz,
fabriquer des plis et des failles avec des bonbons plats ou expliquer la karstification
avec des sucres… de quoi rêver !
C’est bien là une illustration de l’inventivité des géoliens plutôt prêts à tout
pour faire apprécier la géologie aux néophytes.

Avec Luc David des écologistes de l’Euzière ici la formation des plis.

L’après-midi s’est clôturée par l’Assemblée Générale de la section,
ce qui a permis de faire le point sur les activités de l’année passée ainsi que sur les projets à venir.
De plus, la section a connu un changement majeur puisque Jacques Avoine, Président de Géole-SGF
depuis plusieurs années, a passé le flambeau à Christophe Lansigu.

La journée s’est achevée par la traditionnelle soirée festive, où les géoliens
ont pu entre autres s’affronter dans un concours de mauvaise foi,
ce qui a notamment permis l’élaboration de théories particulièrement loufoques
quant à l’origine des rivières de pierres !

Découverte du totem géosite au col de Sarrasset

Et puis dimanche arriva. Pour cette dernière journée, ceux qui ne prenaient la route que l’après-midi
ont pu bénéficier d’une dernière randonnée matinale dans ce beau pays ardéchois.
Randonnée, oui, mais sur le sentier géologique « Entre mer et montagne »,
en référence à la chaine hercynienne et à la mer du Secondaire !
Ce sentier et son livret ont été réalisés par l’association Clapas
pour la mairie de Saint-Etienne-de-Boulogne, la signalétique était en cours de mise en place.
Une partie du livret est visible sur le lien suivant :
https://clapas07.wordpress.com/category/outils-pedagogiques/

Marche et découverte des paysages

Ainsi les derniers géoliens ont randonné du col de Sarrasset au col de l’Escrinet
à la découverte des curiosités géologiques, balayant du regard de magnifiques panoramas,
apercevant ici ou là quelques structures détaillées les jours précédents…
Un pique nique pour un dernier au revoir, bref,
une conclusion tout à fait appropriée à ces Rencontres Géole !

Découverte des roches et de la géologie : les basaltes du rocher de Gourdon

Basile Jabveneau ; Maryse Aymes

…………

A noter dans vos carnets les prochaines
rencontres Géole 2018  du 12 au 15 avril 2018 à Vers (Lot)

Le thème  « Le patrimoine géologique, de l’inventaire à la vulgarisation »

Comme à l’accoutumée, elles seront basées sur des échanges pour confronter
nos approches et nos cultures au service de la vulgarisation
des Sciences de la Terre, raison d’être de Géole,
partagée par le réseau mondial des Geoparks.

Questions de société liées aux ressources de la Terre, reconnaissance accrue des géopatrimoines,
évolution rapide des modes de communication, développement du géotourisme,
le paysage qui entoure les notions de patrimoine géologique et de sa vulgarisation évolue,
les enjeux et les approches également.
Il nous faut sans cesse questionner nos pratiques, améliorer nos réalisations,
nos interventions, renouveler nos discussions, développer de nouveaux partenariats.

Pour discuter de ces sujets et renforcer la dynamique
et l’efficience de la diffusion des Sciences de la Terre,
les XXVIIèmes rencontres Géole et les Géoparcs vous accueillent
du 12 au 15 avril 2018 dans les Causses du Quercy.

Organisateur :  Thierry Pelissier

 

Préprogramme :

L’après-midi du jeudi 12 avril réunion des représentants du Comité National
des Geoparcs de France.
En parallèle, une visite de la grotte préhistorique du Pech Merle sera proposée.

Le vendredi une excursion sur  la géologie régionale, sur le terrain
et à travers au moins un atelier pédagogique.
Le soir une conférence de Francis Duranthon sur le thème « Le patrimoine géologique,
de l’inventaire à la vulgarisation ».

Le samedi 14 sera consacré aux échanges autour de nos pratiques et réalisations.
Enfin l’assemblée générale de Géole suivie d’une soirée imprégnée de culture occitane.

Lors de la matinée du dimanche 15 avril,
la Plage aux ptérosaures nous dévoilera ses célèbres pistes et empreintes.

http://www.geosoc.fr/actualites/2018/ATT01190.pdf